JUNO 7

Un Jeune Doctorant Lance un Cri de Rassemblement à la Jeunesse Consciente Haïtienne

Haïti c’est comme quelqu’un qui a son salon, sa TV et a promis à ses enfants et ami-e-s regarder ensemble un match de football. Arrivé le jour J, ses ami-e-s et enfants sont là, la télé est allumée, cependant c’est quelqu’un d’autre qui détient la télécommande et décide de regarder autre chose que le match. Ses invités sont mécontents de lui car il n’a pas pu tenir promesse.

Ce niveau de dépendance graduelle traduit de fait la réalité d’Haïti. En effet, depuis des décennies, l’incompétence de nos hommes et femmes politiques à bien diriger le pays se fait voir de plus en plus. Ils sont incapables de proposer un projet de développement dans lequel toutes les classes et couches sociales pourraient se retrouver. A cause de l’incapacité de nos dirigeants, ils jouent toujours la carte de la victimisation. Ainsi, à tort ou à raison, nos dirigeants tiennent pour responsables de leur échec la communauté internationale et une partie de la bourgeoisie, comme quoi ce sont ces entités qui tirent les ficelles et les empêchent de travailler au profit de la République d’Haïti.

Haïti, ma terre natale vit sous l’emprise des crises permanentes et répétées. Les dirigeants politiques ne sont pas toujours à la hauteur de leur tâche; pendant trop longtemps les jeunes ont été trop passifs et s’impliquaient peu dans les activités politiques du pays. Et l’on se demande toujours qui est responsable de tous nos déboires. 

Est-ce le peuple?

Est-ce l’ignorance de ceux qui accèdent au pouvoir?

Jusqu’ici, nous pouvons dire que seuls les corrompus, les passifs et celles et ceux qui décident de garder le silence sont coupables. 

A chaque instant de la vie politique haïtienne, gouvernement et opposition s’entredéchirent sans jamais essayer de trouver un moyen pour répondre aux vrais problèmes du pays. Aucun ne présente un projet de société viable. 

Je me demande pourquoi en dépit des échecs répétés des dirigeants politiques, nous choisissons presque les mêmes à chaque renouvellement du personnel politique. Pourquoi à chaque élection nous nous arrangeons pour élire ceux qui n’ont aucun sens du service public ou qui pensaient pouvoir faire quelque chose mais vont se perdre au cours de route, soit par manque de conviction, soit qu’ils se laissent corrompre par le malin désir de s’enrichir trop rapidement. Cette situation nous fait vivre dans un état d’agonie.

Cette problématique de développement coexiste avec le désenchantement de notre temps. Je veux que notre génération manifeste un sentiment patriotique qui devrait témoigner son envie de faire des sacrifices pour le pays. 

C’est le moment ou jamais de mettre en application cette ouverture d’esprit dont faisait preuve Toussaint Louverture et cet orgueil créatif de Christophe pour sauver ce qui nous reste comme valeurs. 

Aujourd’hui, nous devons nous mettre en symbiose dans une campagne de sensibilisation, d’éducation et de formation en vue de créer une nouvelle élite politique:

pour une jeunesse réveillée, formée et motivée; capable de construire une nouvelle société basée sur le patriotisme et le civisme. On a besoin désormais d’une nouvelle génération d’hommes et femmes, bien armés dans leur âme pour s’impliquer afin d’apporter une bouffée d’oxygène et de faire souffler un vent d’espoir à la vie politique du pays. Cette nouvelle génération sera en mesure de représenter valablement le pays sur l’échiquier national et international. De plus, face à l’urgence d’agir, je crois fermement qu’il faut l’émergence d’une nouvelle classe politique, une nouvelle génération d’hommes et de femmes politiques non seulement conscients (es) de leur devoir mais aussi compétents (es) et intègres capable de présenter un projet de société.

Pour ce faire, je lance un appel à un travail collectif, une mise en commun de nos savoirs et de nos moyens afin d’établir des structures et des objectifs clairs. Nous avons besoin des nouvelles écoles de pensée qui endoctrinent nos jeunes dès leur plus jeune âge, qui leur inculquent des valeurs relatives au sens du bien commun. Il nous faut des structures régionales éparpillées  à travers le pays, comme celle de l’Ecole du Grand Nord, qui joueront le rôle d’embryon où vont prendre naissances de nouvelles formes de politique publiques afin qu’Haïti puisse sortir de ce marasme ténébreux. 

 Allez jeunesse! c’est le moment de vous dire: l’avenir de notre pays est entre nos mains, donc faisons des réseautages de manière persistente et tenons-nous ensemble pour le bonheur de notre chère Haiti.

Westenior Valmera

Westenior Valmera
Doctorant en Sces. Politiques
Master en Administration Publique
Politologue
Spécialiste en Contrôle de Qualité

En savoir plus:

Météo Haïti: les prévisions pour ce Dimanche 23 Août 2020

Comment here