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Un été sans corrida ni feria, de Nîmes à Arles, de Béziers à Mont-de-Marsan

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Vue sur les arènes d’Arles, le 12 avril, en plein confinement imposé pour lutter contre la propagation du Covid-19. ANNE-CHRISTINE POUJOULAT / AFP

« Je prévois mes vacances en fonction des ferias. Il m’arrive d’aller en voir une vingtaine par an. Cet été, évidemment, j’ai dû changer tous mes plans… » Pour Nicolas Rivière, Toulousain de 35 ans et « aficionado » confirmé – cet adjectif qui désigne les passionnés de tauromachie –, la saison sera blanche. Pas de « Olé ! » dans les arènes, de spectacles colorés, de ferveur populaire, encore moins de fêtes immenses dans les rues de Nîmes, d’Arles, de Béziers, Mont-de-Marsan, Bayonne ou encore Vic-Fezensac.

L’arc du Sud de l’art tauromachique, du Gard aux Pyrénées-Atlantiques, en passant par le Gers et l’Hérault, a vu toutes ses corridas et ferias annulées en raison de la crise due au coronavirus, pour une saison qui s’étend, en général, de mars à fin septembre. « C’est un traumatisme pour tout le milieu, on est tous très inquiets et sans beaucoup de visibilité », avoue M. Rivière. A Nîmes, où plus d’un million de personnes déambulent lors de la feria de septembre, ou encore à Vic-Fezensac (Gers) – où, à Pâques, 50 000 personnes assistent à quatre de jours de corridas dans un village de 3 000 habitants – toute la filière a dû se mettre à l’arrêt : clubs taurins, éleveurs de toros de combat (ganaderos), toreros, cavaliers, bénévoles et, bien entendu, cafetiers et hôteliers.

« Triptyque rugby-feria-foire au jambon »

Pour André Cabannes, président du club taurin de Vic-Fezensac, « on a limité la casse car nous n’avions pas encore payé les contrats avec les toreros ou éleveurs. Avec un budget d’un million d’euros, on pourra passer cette année catastrophique. Le souci, c’est surtout pour l’économie du village. » Selon lui, les cafetiers et restaurateurs réaliseraient entre 30 % et 50 % de leur chiffre d’affaires annuel en été, lors de la feria, puis pendant le festival Tempo latino ou les marchés nocturnes, eux aussi annulés.

L’Union des villes taurines françaises (UVTF) a lancé « un appel à solidarité pour un nouveau modèle économique à mettre en place. » Avec cinquante villes adhérentes et sept arènes de première catégorie, l’association, présidée par le maire de Bayonne (Pyrénées-Atlantiques), Jean-René Etchegaray, en a appelé aux différentes collectivités pour soutenir tous les maillons de la chaîne.

« A Bayonne, le triptyque rugby-feria-foire au jambon représente 70 % de l’économie locale », souligne Alain Lartigue, mandataire pour les corridas de la ville basque, Mont-de-Marsan et co-organisateur de celles d’Arles (Gard). Cet ancien bâtonnier qui s’occupe des achats des toros et des contrats passés avec les toreros – oscillant entre 15 000 euros et 140 000 euros pour une corrida –, se trouve au cœur d’une « machine qui se grippait déjà. Notre tradition est en perte de vitesse, le monde de la culture évolue et change très vite. »

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