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Municipales : le flop des listes « communautaires »

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Quelques mois avant les élections municipales de mars 2020, des ténors de la droite avaient mis en garde contre un danger qui menaçait le scrutin : les listes communautaires. Une seule communauté était en fait visée, les musulmans. Et particulièrement ceux de ses membres les plus fondamentalistes. « Si le gouvernement et le Parlement ne réagissent pas dans l’urgence, des islamistes radicaux seront élus en mars », prévenait Valérie Pécresse, présidente (Libres !) de la région Ile-de-France.

Une électrice vote le jour du second tour des élections municipales. PHOTO: Vincent NGUYEN / Riva Press pour Le Monde VINCENT NGUYEN / RIVA PRESS POUR « LE MONDE »

Le 8 novembre 2019, Bruno Retailleau, président du groupe LR au Sénat, déposait une proposition de loi pour « interdire les listes communautaristes » lors des élections. Xavier Bertrand, président (ex-LR) de la région Hauts-de-France proposait, lui, de modifier l’article 4 de la Constitution, pour imposer « le respect de l’égalité entre femmes et hommes » aux partis politiques. Quant à Gérard Larcher, président (LR) du Sénat, il redoutait « l’apparition de situations de type Molenbeek », du nom du quartier de Bruxelles où ont été arrêtés plusieurs terroristes islamistes.

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Peu de propositions confessionnelles

Cette salve de mises en garde, qui avait trouvé un certain écho médiatique, incita le président de la République à réagir le 19 novembre 2019 en affirmant son opposition à toute interdiction de « listes communautaires ». Quelques semaines plus tôt, le ministre de l’intérieur avait déclaré sur France Inter : « Il n’existe pas de listes communautaires ». Pourtant, le 2 mars 2020, il annonçait avoir recensé dix « listes communautaires » candidates aux élections municipales. Toutes liées à l’islam, la plupart étant présentées par l’Union des démocrates musulmans français (UDMF).

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Au lendemain du second tour des élections municipales, le bilan est net : aucune des dix listes désignées par le ministère de l’intérieur n’a été élue. Et très peu ont avancé des propositions confessionnelles. Dans le programme en douze points présenté par les candidats de l’UDMF, on ne trouve nulle trace de religion. « Le caractère sulfureux que revêt aujourd’hui l’islam tend à rendre suspecte toute mobilisation qui s’y réfère explicitement, toujours passible d’être caractérisée au choix comme islamiste, extrémiste ou radicale », constate le sociologue Etienne Pingaud, enseignant à Paris-Dauphine, auteur d’une thèse sur « L’implantation de l’islam dans “les quartiers” ».

Les huit listes que l’UDMF a présentées dans tout le pays – dont une menée par un policier, à Toulouse – ont réalisé une moyenne de 1,59 %. A Annecy (Haute-Savoie), un candidat ciblé comme « communautaire » par le ministère de l’intérieur parce qu’il aurait dénoncé l’absence « d’un lieu de culte digne de ce nom », ce qu’il avait aussitôt démenti, a obtenu 2,07 % des voix au premier tour. Pour Haoues Seniguer, maître de conférences en science politique à Sciences Po Lyon et chercheur au laboratoire Triangle (CNRS, ENS), « le fait que le communautarisme ne prenne pas dans le champ politique, à quelques exceptions près, démontre que les musulmans votent en fonction des mêmes problèmes que les autres citoyens : l’emploi, le logement, les transports, etc. »

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