REZO NÒDWÈS

Mobilisation à Port-au-Prince : Jean-Charles Moïse escorté, le Secteur Démocratique traqué

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Après avoir réussi à hisser le drapeau noir et rouge à Pont-Rouge, conglomérat acquis à la coalition G9, Jean-Charles Moïse a complété sa marche jusqu’à délivrer son message final devant l’ambassade américaine. Alors que le Secteur démocratique a peiné à défiler à Delmas

Jeudi 19 novembre 2020 ((rezonodwes.com))– Les premiers rassemblements de Delmas ont du affronter la vigilance des forces de l’ordre. Des protestataires qui tentaient d’ériger des pierres et pneus enflammés ont été réprimés par des policiers au moment où la foule grossissait.

À quelques pas de la paroisse Notre Dame d’Altagrace, les affrontements entre manifestants et agents de la PNH ont contraint certaines figures de proue de l’opposition à vider précipitamment les lieux. Nènèl Cassy, André Michel et Youri Latortue ont arpenté les raccourcis pour échapper à la violence policière.  Des agent du CIMO ont fait usage excessif de gaz lacrymogène pour disperser la foule, les tentatives de rassemblement se sont révélées vaines.  

Dans le même temps, à Pont-Rouge, Jean-Charles jubile après avoir hissé, sur le site où reposent les restes de l’Empereur Jacques 1er, le drapeau noir et rouge. Cet acte, après l’avoir posé au Cap-Haïtien a été réédité à Port-au-Prince, dans le fief de G9, quartier interdit à l’opposition regroupée au sein du Secteur démocratique.

Le leader de  »Pitit Dessalines » accompagné d’une foule compacte a défilé sur la route de l’Aeroport avec l’objectif de délivrer le message final devant l’ambassade américaine. Le parcours a été comme un fleuve tranquille. Des militants de  »Pitit Dessalines » ont dressé des barricades de pneus enflammés, installé des piles d’immondices sur la chaussée, sous l’oeil  indifférent de la Police. 

Les premiers débordements ont eu lieu quand la foule tentait d’attendre l’ambassade américaine, en dépit d’un dispositif impressionnant de policiers, à hauteur du Parc historique de la Canne-à-Sucre.

Pour contenir l’affluence, des éléments du CIMO, ont lancé du gaz lacrymogène et brimadé certains citoyens. Au final, seul le secrétaire général de  »Pitit Dessalines », Jean-Charles Moïse, supporté par un embryon de militants, a été autorisé à délivrer son message. L’ancien élu du Nord a tiré à boulets rouges sur ses anciens collaborateurs dans l’opposition,  tout en dénonçant certaines banques commerciales et responsabilisé les autorités américaines, artisans, selon ses propos, de la déchéance haïtienne.

Avec un discours peu flatteur, Jean-Charles Moïse, s’est affirmé comme l’unique alternative au changement social, alors que le Secteur démocratique a galéré à boucler son parcours. 

Au terme de la journée de mobilisation, les organisateurs dans le camp du Secteur ont recensé 1 mort par balles, plusieurs blessés à la suite de l’intervention musclée de la Police nationale d’Haiti.

Hervé Noël
vevenoel@gmail.com

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