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La mort de la bise, le vélo de la discorde et des manchots au musée : une semaine dans nos vies (dé)confinées

AMÉLIE FONTAINE

« Mais qui va garder les enfants cet été ? » La question était à peine posée, lundi 18 mai, dans notre live sur « Nos vies (dé) confinées » que les gens, dans un élan irrépressible de liberté, se voyaient déjà en juillet. Trop heureux, sûrement, de goûter à nouveau aux plaisirs dont ils ont été si longtemps privés. Mais voilà : ces moments de liberté ont aussi provoqué chez certains de nos lecteurs un ressac de vague à l’âme.

Comme pour Babouchka mélancolique, que l’on devine, comme beaucoup, éloignée de ses petits-enfants par crainte d’une contamination. « Nous sommes devenus des grands-parents virtuels », se désolait-elle. Ou encore de Beb, bouleversée d’avoir annoncé à ses enfants qu’ils seraient privés de papy et mamie cet été :

« Difficile à encaisser. (…) Aussi, je n’ai pas le goût aux vacances en ce moment. Il y a des chances que l’on ne fasse rien cette année. »

Mardi, les lecteurs de « Nos vies (dé) confinés » étaient invités à raconter comment, en temps de crise sanitaire, ils s’adaptaient à un monde sans contact. Et, surprise, la mort de la bise s’est révélée être une libération pour beaucoup, comme pour Maman soulagée, J’aimepas les gens ou encore May. Plus besoin de faire la bise aux collègues, contrainte et forcée, souligne également Blanche. Pour Merci Corona, une étrangère vivant en France depuis quatre ans, « c’est un grand soulagement » :

« La bise était toujours une source de stress ! Qui, quand, combien ? Je suis tellement contente que je n’aie plus aucune obligation de passer mon temps à faire la bise aux gens que je connais pas. »

La fin de la bise mais pas du bisou, ont alors répliqué Kiss ou Caro75013, pour qui « l’embrassade ou le câlin de réconfort à l’égard des amis, [leur] manqueront pour un long moment ». Delphine et Marinette racontait, elle, que dans l’école de sa fille, les enfants avaient trouvé des subterfuges à l’interdiction de contact, en inventant le « chat-ombre » par exemple, quand Mum of 3 saluait l’inventivité ludique des enfants dans les cours de recré : 1, 2, 3, soleil !, jeu de mimes ou encore pierre-feuille-ciseau… « Je me suis dit en moi-même que l’humanité était sauvée », a-t-elle soufflé.

Des symptômes d’une France fracturée, par trop souvent réduite à l’opposition entre les urbains et les ruraux

Mercredi, autre tonalité. En ces temps de déconfinement, une des interrogations qui nous animait était de savoir quelle(s) mobilité(s) allai (en) t tirer son (leur) épingle du jeu en cette période de crise sanitaire. Vous avez été nombreux à nous confier avoir délaissé les transports en commun pour des modes de déplacement plus « doux ». Néo-convertis ou fidèles de la petite reine, votre choix premier s’est porté sur le vélo, électrique de préférence, comme vélo mon amour, un exemple parmi d’autres ce jour-là. Aussi sec, on nous a reproché de ne nous adresser qu’aux habitants des métropoles. Un « procès en urbanité », en quelque sorte… Nous serions même les Torquemada de la bagnole, pour Gring :

« On a l’impression que 99 % de la population se déplace à vélo, alors que la réalité est plutôt à un report massif sur l’automobile. Les rares automobilistes qui témoignent, qui ont probablement une bonne raison de prendre leur auto, se font immédiatement vilipender par l’inquisition cycliste. »

Loin de nous l’idée d’être exhaustif sur la question, Gring, nous connaissions d’ailleurs les limites de l’exercice. Les esprits se sont échauffés ; les débats passionnés nous ont montré une fois encore que plus l’espace public est rare et plus les tensions sont fortes. Des symptômes d’une France fracturée, par trop souvent réduite à l’opposition entre les urbains et les ruraux.

C’est douxpaysdemonenfance qui a alors invité chacun à fumer le calumet de la paix. On espère qu’elle aura mis tout le monde d’accord.

Le coup de cœur

Il est, une fois n’est pas coutume, adressé aux lecteurs du live « Nos vies (dé) confinées » qui, lundi, dès 10 heures, s’inquiétaient de ne pas nous retrouver aux horaires habituels, certains sentant même la crise d’angoisse monter.

Ana ou encore jaimeles parenthèses nous confirment en tout cas que nous avons bien fait de poursuivre pour quelques semaines encore ce lien privilégié avec eux, certes à « mi-temps » – de 14 heures à 18 heures désormais :

« Vous avez collectivement réussi à nous donner le sentiment de faire partie d’une communauté qui cherche une info fiable et qui recherche aussi la légèreté dans cette drôle de vie. » (Ana)

Lire aussi Comment le live « Nos vies confinées » est devenu une nouvelle façon de créer un lien avec nos lecteurs

L’image de la semaine

Depuis le début de la crise sanitaire, notre lecteur Herbert Staljanssens nous envoie des dessins porteurs d’espoir. Des dessins qui étaient confinés et qui, désormais, sont déconfinés. En voici un parmi d’autres :

Ce week-end, on fait quoi ?

Quelques conseils pour (dé) confinés

Notre sélection d’articles sur le déconfinement

La pépite du week-end déconfiné

Images insolites que celles de ces trois manchots, visiteurs privilégiés du Musée d’art Nelson-Atkins (dans le Missouri, aux Etats-Unis), fermé au public pour cause de confinement. Nullement impressionnés, les palmipèdes ont déambulé parmi des toiles de Monet ou de Van Gogh.

« Ils ont passé plus de temps dans les salles où est l’art baroque, et notamment devant notre Caravage (…). De là à en tirer des conclusions sur leurs choix critiques, c’est un peu hasardeux », s’est amusé Julian Zugazagoitia, le président et directeur du musée. La vidéo (ci-dessous) a bien évidemment affolé Internet.

Le tchat de la semaine

Revivez tous nos « lives déconfinés » de la semaine

Rendez-vous lundi, à 14 heures, dans notre prochain « live » sur la vie (dé) confinée.

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