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« Je ne mange pas à ma faim car je ne peux pas travailler » : l’acte 3 de la marche des sans-papiers

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Les organisateurs exigent, outre la régularisation des sans-papiers, la fermeture des centres de rétention administrative et un « logement pour tous ». Ils étaient des milliers, ce samedi 17 octobre, à défiler à Paris aux côtés des sans-papiers, pour réclamer une vague de régularisation et un geste du gouvernement pour les travaillemurs étrangers, en première ligne pendant la crise sanitaire.

« J’ai 42 ans, je ne mange pas tous les jours à ma faim parce que je ne peux pas travailler. Il faut que ça change, il faut que le gouvernement nous écoute », a plaidé Samba (prénom modifié), un Sénégalais présent dans le cortège parisien.

Pierre Tremblay est journaliste au service politique du Huffington Post.

La manifestation, soutenue par la Fédération des associations de solidarité avec tous les immigrés (Fasti), est partie vers 14 heures de la place de la République en direction de l’église de la Sainte-Trinité dans le IXe arrondissement de Paris. Elle devait initialement se terminer devant l’Elysée, mais la Préfecture de police de Paris a interdit cet itinéraire, car « le parcours déclaré entre place de la République et place de la Concorde traverse des sites emblématiques et institutionnels sensibles, à proximité desquels l’action des forces de sécurité sera rendue difficile en cas de troubles à l’ordre public », précise le communiqué.

A cette interdiction « d’aller vers l’Elysée dans l’espoir d’être entendus », le collectif des associations organisatrices de la Marche des solidarités avait réagi dans un billet sur leur blog, hébergé par le journal Mediapart : « Il semble que vous voulez tout changer pour que rien ne change. »

« Cet acte 3 a changé beaucoup de choses, car il a été très suivi. Si aujourd’hui une délégation n’est pas reçue par Macron, ça va continuer », estime Denis Godard, militant de Solidaires, annonçant un « acte 4 ». Les deux premières mobilisations avaient rassemblé plusieurs milliers de personnes à Paris, le 30 mai et le 20 juin.

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La manifestation de ce samedi est aussi le point d’arrivée de la Marche des solidarités, un parcours de centaines de sans-papiers, qui ont pris le départ le 19 septembre de nombreuses villes de France comme Marseille, Montpellier ou Rennes. « Sur la route, ça s’est bien passé, on a été bien accueillis, sauf dans un village où on n’a pas pu dormir et on a dû passer la nuit dans la forêt », a témoigné Souleymane, Malien de 34 ans, parti le 2 octobre de Strasbourg, qui explique :

« Moi, je travaille de temps en temps dans les restaurants, le bâtiment, le nettoyage, sous alias (avec les papiers de quelqu’un d’autre). Mais on est vraiment fatigués, parce que pendant le confinement qui a travaillé ? C’est nous. Et, en plus, on est mal payés. »

Des organisations de la CGT, qui organisaient de leur côté une « marche pour l’emploi et la dignité » sur le même parcours samedi, ont défilé auprès des sans-papiers, le gros de leurs troupes clôturant la manifestation avec une forêt de drapeaux aux couleurs de la confédération syndicale et des militants venus de plusieurs départements (Calvados, Nord, Isère, Bouches-du-Rhône, Tarn-et-Garonne…) et de différentes entreprises (Bridgestone, TUI France, Michelin, Air Liquide, Disneyland…). C’est « une convergence réussie », « des milliers de travailleurs ont manifesté avec les sans-papiers », a déclaré le secrétaire général de la Fédération CGT du commerce et des services, l’un des organisateurs.

Réclamant « la régularisation des travailleurs sans papiers » ou « le SMIC à 1 800 euros », la CGT exige aussi « l’arrêt immédiat de tous les plans de licenciements engagés » et « la restitution des aides publiques » versées aux entreprises qui suppriment des emplois, selon un communiqué. « Pour le patronat, le Covid est l’excuse pour se séparer de salariés sans beaucoup de bruit », c’est « un prétexte pour des restructurations prévues bien avant » l’épidémie, a protesté Arnaud Chenain, secrétaire fédéral de la CGT-Commerce et services, portant une banderole disant : « Halte aux licenciements, ce n’est pas à nous de payer l’addition ».

Le gouvernement a donné instruction aux préfets, mi-septembre, d’accélérer et faciliter la naturalisation des ressortissants étrangers qui se sont mobilisés « en première ligne » durant l’épidémie. On estime aujourd’hui entre 300 000 et 600 000 le nombre d’immigrés en situation irrégulière en France.

Le Monde avec AFP

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