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Au cœur du procès sur le financement des campagnes du FN, deux structures liées à Marine Le Pen

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L’audience, divisée en deux volets, se penche à partir de mercredi sur les municipales de 2014, les européennes de 2014, et les départementales de 2015 du parti rebaptisé Rassemblement national (RN) en juin 2018.

Par Publié aujourd’hui à 02h14

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La présidente du Front national Marine Le Pen lors d’un rassemblement en hommage à Jeanne d’Arc, en mai 2015. KENZO TRIBOUILLARD / AFP

Le financement des campagnes de l’ex-Front national (FN) va occuper le tribunal correctionnel tout au long du mois de novembre. Le procès « Jeanne », divisé en deux volets, s’ouvre mercredi 6 novembre à Paris. Sept personnes, la plupart cadres du parti lepéniste et proches de Marine Le Pen, ainsi que trois personnes morales, dont l’ex-Front national, sont soupçonnées d’escroqueries, de tentatives d’escroqueries, d’abus et recel d’abus de biens sociaux ou de complicité des mêmes chefs.

Le dossier « Jeanne 1 » concerne les législatives et présidentielle de 2012, alors que « Jeanne 2 » se penche sur les zones d’ombres autour du financement des campagnes des municipales de 2014, des européennes de 2014, et des départementales de 2015 du parti rebaptisé Rassemblement national (RN) en juin 2018.

Lire aussi Financement des campagnes du FN : deux proches de Marine Le Pen en correctionnelle

Pour comprendre l’affaire, née d’une information judiciaire ouverte en avril 2014 et confiée aux juges Renaud van Ruymbeke et Aude Buresi, il faut s’intéresser à deux structures liées au parti de Marine Le Pen : Jeanne, le microparti créé en 2010 pour faciliter son accession à la présidence frontiste ; et Riwal, une agence de communication longtemps prestataire du parti lepéniste et dirigée par une figure de l’extrême droite radicale, Frédéric Chatillon, ami de longue date de Marine Le Pen et ancien patron du groupuscule d’extrême droite violent et autodissous Groupe union défense (GUD).

Banque improvisée

Les enquêteurs soupçonnent Riwal et son dirigeant d’avoir surfacturé le kit de campagne (composé de tracts, d’affiches et de la création d’un site Internet) destiné aux candidats frontistes lors des élections législatives 2012, et ce « dans l’unique but de majorer des dépenses électorales remboursables » par l’Etat. Grâce au financement public de la vie politique, les frais de campagne des candidats ayant obtenu au moins 5 % des voix sont, en effet, remboursés par l’Etat. Or, ce kit à 16 650 euros « ne correspondait pas nécessairement » aux besoins des 525 candidats, selon les investigations. Surtout, l’état-major du parti d’extrême droite l’aurait présenté comme une condition obligatoire de leur investiture. Ce qui vaut à Riwal et Frédéric Chatillon d’être poursuivis pour escroqueries et tentatives d’escroqueries ; complicité, pour l’ex-FN.

C’est là qu’intervient Jeanne, transformée en banque improvisée pour l’occasion. Pour financer leur kit, le microparti a proposé à presque tous les candidats frontistes aux législatives un prêt de… 16 650 euros, assorti d’un taux d’intérêt de 6,5 % bien supérieur à celui des banques, soit une cagnotte potentielle en vue des futures campagnes, notamment la présidentielle de 2017. Voilà donc le microparti poursuivi pour escroqueries, tentatives d’escroqueries et recel d’abus de biens sociaux, tout comme son trésorier d’alors Axel Loustau, proche de Marine Le Pen. Son prédécesseur, lui aussi issu du GUD, Olivier Duguet, devra se défendre de complicité d’escroqueries et de tentatives d’escroqueries et de complicité et recel d’abus de biens sociaux.

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